Addiction au sexe

Au même titre que l’addiction à l’alcool, le sexe peut devenir une dépendance chez certaines personnes. Plus qu’une dépendance bénigne, elle peut, telle une drogue faire de lourds dégâts chez celui qui en souffre, et également chez celui ou celle qui partage sa vie.

Car ce n’est pas une situation si marginale que ça, il faut  aborder le sujet…sans tabou.

Ces accrocs du sexe

Nouvelle pathologie ou phénomène ancien non reconnu ? Difficile à dire. Toujours est-il que la sexualité compulsive n’est pas une addiction facilement définissable par les scientifiques. Les critères pour la caractériser sont sujets à caution. On retiendra tout de même la présence de certains symptômes :

    * activité sexuelle à un rythme soutenu
    * un désir sexuel incontrôlable
    * activités sexuelles dans des situations à risque
    * pensées sexuelles continues au point d’entraver les activités quotidiennes ou du moins de les ralentir (loisirs, travail…)
    * altération des facultés de discernement et de retenue

Joëlle Mignot, sexologue* définit l’addiction au sexe comme le fait d’être « entièrement c’est-à-dire psychiquement et physiquement envahi par les pensées sexuelles. » L’univers du dépendant est alors entièrement tourné vers le sexe. Chez le patient, qui est le plus souvent masculin, cela se traduit par un désir irrépressible de passer à l’acte, et de surcroît un comportement envahissant et auto-destructeur.

Cela se complique particulièrement quand l’accroc du sexe vit en couple.

Des difficultés patentes que souligne Joëlle Mignot : « Ce n’est pas évident. Le risque de séparation existe si la partenaire n’accepte pas de le suivre dans ses excès ». D’autant plus que le refus du partenaire aura alors pour effet d’inciter le dépendant à trouver des alternatives pas très orthodoxes.

Le plus souvent, il mènera une vie parallèle faite de relations extra-conjugales ou du moins cachées, à l’insu de sa partenaire.

Plus graves sont les cas où le sujet, incapable à réprimer ses désirs, qui deviennent alors sources de frustrations, ira jusqu’à violer et violenter sa partenaire pour l’obliger à se soumettre à ses envies sexuelles.


Toutefois, l’addiction au sexe reste un phénomène complexe qui ne saurait se résumer à deux cas de figure.

« Il n’y a pas un modèle ni une solution », confirme la sexologue.

Dès lors la résolution du problème sera variable suivant l’individu, rentrant dans la sphère psychologique « cette pulsion sexuelle entre dans l’histoire personnelle de chacun ». Un travail de fond qui devra donc s’effectuer avec l’aide d’un sexologue.

*Joëlle Mignot est psychologue et sexologue clinicienne à Paris.
Pour la contacter : 01 45 74 43 51

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