« Mediator : des médecins s'attaquent à l'Afssaps » Le Figaro, Le Parisien, Le Monde

« Mediator : des médecins s'attaquent à l'Afssaps » Le Figaro, Le Parisien, Le Monde

« Mediator : des médecins s'attaquent à l'Afssaps »
Le Figaro, Le Parisien, Le Monde

Dans Le Figaro, Anne Jouan s’interroge : « Qui va finalement indemniser les personnes ayant pris du Mediator et souffrant de troubles cardiaques ? Le débat fait rage ».
Un médecin déclare : « Quand j'ai vu le barouf du week-end autour des médecins prescripteurs qui ne seraient pas les payeurs et la vigueur avec laquelle le ministre de la Santé tentait de les rassurer, j'ai compris que c'était nous qui allions porter le chapeau ! ».
Anne Jouan observe que ce « point de vue résume le sentiment qui habite en ce moment la profession. Si la grogne montait ces dernières semaines dans les rangs des praticiens, la polémique a véritablement éclaté avec la publication du texte créant le Fonds d'indemnisation pour les victimes du Mediator ».
La journaliste cite un extrait de ce texte, selon lequel « l'article L. 1142-24-2 précise que le demandeur indique le ou les exploitant(s) dont il entend rechercher la responsabilité. Le demandeur et les exploitants indiquent les autres acteurs de santé visés à l'article L. 1142-2 du Code de la santé publique à qui ils entendent rendre la procédure oppo¬sable»,
« Qui sont ces «acteurs de santé» ? Les médecins, les pharmaciens, mais pas les autorités sanitaires telles que l'Afssaps. C'est la loi Kouchner de 2002 qui les en exclut », note Anne Jouan.
La journaliste indique qu’« un syndicat de médecins doit déposer aujourd’hui une requête préalable à l'Afssaps. Cette dernière a 2 mois pour répondre, mais l'avocat du syndicat confie qu'il n'attendra pas et qu'il saisira le tribunal administratif de Paris pour manquement à l'obligation d'information ».
Anne Jouan rappelle en effet que « la loi est claire : le simple fait d'avoir exposé des patients à un risque engage la responsabilité des médecins. Ces derniers rappellent que le travail d'une agence sanitaire consiste à gérer la pharmacovigilance. Or l'Afssaps ayant manqué à ce devoir, les médecins ont continué à prescrire du Mediator ».
Michel Chassang, président de la CSMF, déclare : « Nous sommes persuadés que des patients se retourneront contre nous. Nous ne nous laisserons pas bercer par des déclarations ministérielles. Le ministre de la Santé dit que nous ne devrons pas payer. C'est faux ! ».
Jean-Paul Hamon, président de la FMF, remarque que « dire que nous ne payerons pas, ce sont juste des paroles en l'air ! Si un patient met en cause un médecin, que ce soit en justice ou dans le cadre du fonds d'indemnisation, ce dernier sera condamnable et il pourra en être de sa poche ».
Et Claude Leicher, président de MG France, s’interroge : « Pourquoi l'Afssaps sortirait-elle indemne de cette histoire ? ». Anne Jouan ajoute que le responsable « dénonce «un système mafieux». Pour lui, les médecins ont été trompés plusieurs fois, pour commencer sur la nature du produit. […] Le système de surveillance des effets secondaires n'a pas fonctionné en dépit de signaux. Par ailleurs, les médecins qui ont écrit à Servier pour poser des questions au laboratoire concernant le Mediator recevaient des réponses les assurant de la bonne sécurité du médicament ».
De son côté, Le Monde titre sur sa Une : « Mediator : Servier savait depuis 1995 ». Le journal indique ainsi que « selon un rapport interne, le laboratoire connaissait la nocivité du médicament depuis au moins le début des années 1990 ».

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