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Parkinson: Cinq nouvelles régions à risque identifiées


Mis à jour le 02.02.11 Source : AFP

Un consortium international de chercheurs américains et européens a identifié cinq nouveaux facteurs de risque génétiques de la maladie de Parkinson.

Leurs travaux, qui résultent d'une collaboration internationale entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, l'Islande, sont publiés mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet. Ils ont été menés en France par Alexis Brice (Inserm, Centre de Recherche de l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière à Paris), et Maria Martinez (Inserm, Toulouse).

Au terme d'une vaste analyse, les chercheurs ont abouti à l'identification de 5 nouvelles régions chromosomiques contenant des gènes impliqués (ACMSD, STK39, MCCC1/LAMP3, SYT11 et CCDC62/HIP1R), tout en confirmant six autres régions de susceptibilité à la maladie (gènes MAPT, SNCA...). Dans la forme commune de la maladie, aucune des variations génétiques n'est à elle seule responsable la survenue de cette atteinte du système nerveux, mais leur conjonction augmente le risque.

A eux seuls, les variants des gènes MAPT et SNCA expliquent près de 30% du risque de survenue de la maladie de Parkinson.

Les chercheurs ont également évalué dans la population générale la distribution et les effets cumulés des facteurs de susceptibilité associés aux 11 régions chromosomiques incriminées.

Résultat : les 20% des individus qui portent le plus grand nombre de facteurs de susceptibilité ont 2,5 fois plus de risque de développer la maladie que les 20% d’individus porteurs d’un faible nombre de facteurs de susceptibilité.

Ces travaux précisent pour la première fois l'importance du rôle des facteurs de risque génétiques dans la survenue de la maladie de Parkinson dans la population générale.

L'identification de ces facteurs génétiques impliqués dans les formes les plus communes de la maladie de Parkinson va permettre non seulement des avancées importantes dans la compréhension de cette maladie neurodégénérative, mais aussi le développement d'outils diagnostiques et pronostiques, selon les chercheurs.

La maladie de Parkinson, deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d'Alzheimer, est aussi la 2e cause de handicap moteur après les accidents vasculaires cérébraux. On dénombre 10.000 nouveaux cas par an en France.

 


"CAUSES GENETIQUES" DE LA MALADIE DE PARKINSON

SOURCE:  http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/medecine-1/d/maladie-de-parkinson_865/c3/221/p5/

 

La perte des neurones dopaminergiques de la substance noire peut avoir plusieurs causes.

1 - Causes génétiques

Les gènes impliqués dans la maladie de Parkinson.

Environ 10 % des cas de Parkinson sont familiaux. 13 régions chromosomiques notées PARK1 à PARK13 sont impliquées dans la maladie. Certains gènes ont été caractérisés :

  • - le gène de l'alpha-synucléine (SNCA). C'est le premier gène identifié en 1997 dans une famille italo-américaine et quatre familles grecques. Chez ces familles qui possèdent une version (ou allèle) mutée du gène, la maladie apparaît dès la quarantaine et évolue rapidement. L'allèle muté est dominant (un seul allèle muté transmis par le père ou la mère suffit pour conduire à la maladie),

  • le gène LRRK2 (Leucine Rich Repeat Kinase 2) codant pour la dardarine (de "dardara" = tremblement, en basque). La mutation de ce gène conduit elle aussi à une transmission dominante de la maladie. Il code pour une protéine ayant des domaines enzymatiques (un domaine RAS/GTPase et un domaine tyrosine kinase) mais dont les substrats sont inconnus,

  • le gène de la parkine. Ce gène a été identifié chez des malades japonais qui ont développé la maladie dès l'adolescence. Des mutations de ce gène ont ensuite été trouvées chez d'autres patients, ailleurs dans le monde, et plus âgés. Les mutations du gène de la parkine sont récessives (le malade a reçu un allèle muté de son père et un allèle muté de sa mère), mais plus courantes que celles de l'alpha-synucléine. Environ 50% des formes familiales de la maladie de Parkinson seraient dues à des mutations de la parkine. Il faut savoir que la parkine est une enzyme jouant un rôle dans le système ubiquitine-protéasome (système qui permet l'élimination de protéines anormales dans la cellule),

  • le gène de l'UCH-L1 (Ubiquitin Carboxy-terminal esterase L1). UCH-L1 est une enzyme de recyclage de l'ubiquitine. Une déficience de UCH-L1 conduirait à une absence de dégradation des protéines, et leur accumulation dans la cellule,

  • le gène DJ-1. DJ-1 est une protéine ubiquitaire qui interviendrait dans la réponse au stress. Elle aurait un rôle antioxydant,

  • le gène PINK1 (pour "PTEN-induced kinase-1", PTEN = Phosphatase and TENsine). Ce gène code pour une kinase mitochondriale dont la fonction exacte est inconnue,

  • le gène ATP13A2. La fonction de ce gène est inconnue,

  • le gène GIGYF2. En 2008, le laboratoire de Neurologie et thérapeutique expérimentale de l'université Pierre et Marie Curie, associé à des chercheurs italiens et américains, a montré la présence de mutations de ce gène chez des familles de parkinsoniens français et italiens.

Fonctionnement du système ubiquitine-protéasome.
L'ubiquitine (UB) se lie à la protéine à dégrader (en vert). La dégradation a lieu dans un système multiprotéique appelé protéasome. De l'énergie est utilisée sous forme d'ATP hydrolysée en ADP.Source : Weizmann Institute of Science (site: http://www.weizmann.ac.il).

Bien que plusieurs gènes impliqués dans la maladie de Parkinson aient ainsi été caractérisés, les tests génétiques sont peu pratiqués. Selon le Professeur Alexis Brice, chef de service du département de Génétique et Cytogénétique à l'hôpital de la Pitié Salpétrière à Paris : "On ne peut pas parler de dépistage pour cette maladie car les tests génétiques ne sont envisagés que dans des situations particulières". Par exemple, dans de rares cas où la maladie se déclare chez un sujet jeune (moins de 35 ans), on peut envisager de rechercher la présence d'un allèle muté de la parkine.

 


LA MALADIE DE PARKINSON ET LES "JEUNES"

le magazine de la santé - planet
La maladie de Parkinson et les jeunes

PREDISPOSITION GENETIQUE OU ACCIDENT?

Les enfants du Webmaster
Les enfants du Webmaster

Avez-vous des ascendants ou collatéraux atteints de la maladie du Parkinson ?
Telle est la question redondante qui m'est posée par chaque praticien depuis une année. Vous avez une maladie de type "génétique" et il faut vérifier si votre famille connait cette pré-disposition.
Or, il s'avère que chez mes ascendants paternels et maternels, personne ne semble avoir souffert de cette maladie. Les maladies dominantes sont circulatoires et cardiaques, chez des hommes et des femmes qui vieillissent bien (79 ans à 100 ans), exception faite des hommes décédés pendant la guerre de 1914, évidemment.
"sucrer les fraises" selon l'expression populaire qui qualifie les vieillards atteints de la maladie de Parkinson, est inconnu chez nous !

En ce qui me concerne, je peux affirmer qu'il n'y a pas de prédisposition génétique dans ma famille, sauf si cet accident génétique saute plusieurs générations.
Mais quant est-il de ma descendance ? mes trois enfants sont ils concernés ? [photo ci-contre]

Sergey Brin, cofondateur de Google, annonçait en septembre 2008 sur son blog qu'il "risquait de contracter plus tard la maladie de Parkinson".
Après avoir eu recours aux services de "23andme", une start-up américaine - fondée par sa femme - qui commercialise des tests génétiques, il a découvert qu'il portait la mutation G2019S du gène LRRK2. Cette mutation n'est pas propre à tous les malades de Parkinson, mais elle est susceptible d'augmenter le risque, c'est-à-dire la probabilité de contracter cette maladie.


Pour la scientifique Marion Mathieu, cette histoire illustre on ne peut mieux le problème lié à l'explosion du marché américain des tests génétiques sur Internet et aux fantasmes qu'il entraîne. Membre de l'association Tous chercheurs, elle a organisé, le 13 janvier, à la demande de l'Inserm, une formation consacrée à ces tests, à l'attention d'associations de malades.

Ces dernières sont de plus en plus souvent sollicitées par des familles qui s'interrogent sur la nécessité de recourir à cette génétique personnalisée. Et elles se sentent démunies pour leur répondre. "A une époque, quand un diagnostic médical était difficile à établir, on disait "c'était psychosomatique". Aujourd'hui, on dit "c'est génétique !"", résument certains responsables d'associations.

La génétique semble engendrer une quête infinie pour prédire l'avenir. Comme si nos maladies futures ou celles de nos enfants n'étaient inscrites que dans nos gènes ! Une conviction qui "joue parfois le rôle d'une véritable superstition génétique", s'inquiète le professeur de biophysique Henri Atlan. Pour l'heure, la médecine prédictive reste une abstraction en dehors des rares cas de maladies monogéniques à forte pénétrance ou associées à des aberrations chromosomiques.

Source : "Les tests génétiques présentent des limites et des dangers" - LE MONDE | 27.01.09 |


Un peu d'humour ..