Jogging inter-Entreprises ADE Wavre (Belgique)
Jogging inter-Entreprises ADE Wavre (Belgique)

Des virus de la grippe pourraient prédisposer à la maladie de Parkinson

Une contamination à partir de certaines formes du virus de l'influenza pourrait provoquer un plus grand risque de développer la maladie de Parkinson plus tard dans la vie, suggère une nouvelle étude américaine.

L'étude, inspirée par l'histoire derrière le film L'Éveil, réalisé en 1990, révèle que des formes de grippe agressive qui peuvent trouver leur chemin jusqu'au cerveau risquent de réduire des neurones qui créent la dopamine, rendant un individu plus susceptible de développer cette maladie dégénérative.

L'Éveil (Awakenings) raconte comment le neurologiste américain Oliver Sacks est arrivé à comprendre comment il pourrait ranimer des patients souffrant d'une étrange maladie du sommeil, appelée «encéphalite léthargique» ou «encéphalopathie de von Economo», en utilisant le médicament L-dopa découvert peu de temps auparavant pour combattre la maladie de Parkinson.

Cette encéphalopathie avait coïncidé avec l'épidémie de grippe espagnole survenue en 1918 et des gens ont pu croire que le violent virus avait été le déclencheur.

Une équipe de scientifiques du St. Jude Children's Research Hospital de Memphis, au Tennessee, qui cherche à découvrir si un virus est un facteur dans le développement de la maladie de Parkinson, a décidé d'utiliser un autre virus violent, soit de la variété H5N1 de la grippe aviaire.

«D'une certaine façon, ce film a été le facteur à l'origine de notre recherche», a confié l'auteur principal, le docteur Richard Smeyne. Un co-auteur, Robert Webster, est une figure réputée de la lutte contre l'influenza.

«Nous avons été intéressés par le fait que plusieurs des personnes infectées après la grippe espagnole ont développé une maladie de Parkinson post-encéphalique.»

L'étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences, a examiné l'impact du virus H5N1 dans le cerveau de souris. Les scientifiques ont découvert que ce virus communiquait avec le cerveau, tuant des neurones créatrices de dopamine.

Smeyne a indiqué qu'une perte correspondante, si elle survenait chez un être humain, ne pourrait déclencher à elle seule la maladie de Parkinson. Mais elle pourrait prédisposer un individu à y être plus vulnérable ou encore rapprocher le moment de l'existence où la maladie va apparaître.

Un expert du virus qui a causé la grippe espagnole, le docteur Jeffery Taubenberger, a estimé que l'étude soulevait une hypothèse intéressante, mais ne répondait pas à la question de savoir si les virus de la grippe jouaient un rôle dans le développement de la maladie de Parkinson.

Taubenberger a été à la tête d'une équipe qui a identifié la virus de la grippe espagnole et il croit qu'un sorte de mythe entoure ce virus en lui attribuant des pouvoirs qu'il n'avait probablement pas.

Les travaux auxquels il s'est livré pour déterminer si le virus était responsable de l'encéphalopathie de von Economo n'ont vu aucun rapport, soutient-il.

Helen Branswell  -  La Presse Canadienne  -  Toronto

Rosette le septembre 29 2009 09:04:42 · 0 Commentaire(s) · 153 Lecture(s) · Imprimer

Logo du CNRS
Logo du CNRS

Empêcher les cellules du système immunitaire de pénétrer dans le cerveau pourrait ralentir l’évolution de la maladie de Parkinson. C’est ce que suggèrent les travaux de l’équipe de Stéphane Hunot (Chargé de recherche au CNRS) et Etienne Hirsch (Directeur de recherche au CNRS) de l’unité mixte Inserm-UPMC/université Pierre et Marie Curie UMR 975 parus dans la revue Journal of Clinical Investigation.

Cette équipe de chercheurs a montré que les lymphocytes T auxiliaires (ou CD4+), une des nombreuses populations de cellule du système immunitaires qui normalement luttent contre les agressions microbiennes, pénètrent dans le cerveau des malades. Ils ont également démonté que ces cellules tuent les neurones. Dans un modèle de la maladie chez la souris, l’absence de lymphocytes T CD4+ entraîne une amélioration très nette de la maladie.

La maladie de Parkinson est une affection neurologique invalidante touchant 1% des personnes de plus de 65 ans. Elle se manifeste par un tremblement au repos, une rigidité et une difficulté à déclencher des mouvements. Ces symptômes sont dus à une mort lente et progressive d’une population particulière de neurones qui produisent un messager chimique, la dopamine. Les causes de la maladie sont encore mal connues.

Toutefois, plusieurs études ont rapporté que les personnes qui prennent des anti-inflammatoires quotidiennement pour diverses raisons présentent un risque diminué de développer la maladie de Parkinson. Ces données suggèrent donc que le système immunitaire qui protège normalement l’organisme contre les agressions joue probablement un rôle dans la mort neuronale dans la maladie de Parkinson.

 

« De manière tout à fait surprenante, nous avons observé récemment qu’une population particulière de globules blancs circulant dans le sang, les lymphocytes T, était présente en grand nombre dans le cerveau, à l’autopsie, des patients atteints de la maladie de Parkinson. Ces cellules, qui sont essentielles aux défenses immunitaires et sont normalement exclues du cerveau, pourraient ainsi contribuer à l’inflammation cérébrale au cours de la maladie de Parkinson » précisent Etienne Hirsch et Stéphane Hunot.


Pour comprendre plus précisément le rôle de ces cellules tueuses, les chercheurs ont reproduit ce phénomène dans un modèle expérimental mimant la maladie chez la souris. Ceci leur a permis, de montrer que ces cellules infiltrées ne sont pas spectatrices devant la mort des neurones mais participent de façon active à la dégénérescence neuronale.

Une fois le rôle de ces cellules établi, les chercheurs ont voulu à comprendre comment ces lymphocytes tuaient les neurones. En développant des animaux hybrides vis-à-vis de la composition cellulaire du système immunitaire, les scientifiques montrent que les lymphocytes T CD4+ infiltrés utilisent un ligand particulier appelé FasL qui capable non seulement d’enclencher un programme
de suicide cellulaire dans le neurone en activant le récepteur Fas, mais également de stimuler des mécanismes inflammatoires délétères au niveau des cellules gliales environnantes.

« Ces résultats sont particulièrement encourageants car ils permettront d’affiner le développement de médicaments anti-inflammatoires plus ciblés vers les cellules qui pénètrent dans le cerveau. En effet, l’administration d’anti-inflammatoires de façon chronique présente beaucoup d’effets secondaires surtout chez les personnes âgées. Nos travaux constituent une piste de recherche intéressante pour développer de nouvelles stratégies thérapeutiques aux effets secondaires limités», concluent Etienne Hirsch et Stéphane Hunot.

Journal of Clinical Investigation published online December 22, 2008.

GREFFE OU NEUROSIMULATION ,

La L-Dopa n'améliore pas l'évolution de la maladie. "Le manque de dopamine et les symptômes sont corrigés, mais la décroissance (en neurones dopamineriques) continue irrésistiblement. Il faut donc plus de dopa pour corriger le processus, alors que des symptômes échappent de plus en plus au traitement" déclare ainsi le Pr. Olivier Rascol du CHU de Toulouse.


Du traitement symptomatique au traitement neuroprotecteur

En fait, la dopa ne restitue pas les niveaux physiologiques de dopamine d'une personne non malade. Résultat : le système dopaminergique peut se dérégler et le patient souffre de gestes involontaires, de troubles de l'équilibre voire de problèmes intellectuels.
Pour ralentir le cours évolutif de la maladie, les scientifiques sont à la recherche de composés capables d'éviter la mort des neurones (composés neuroprotecteurs) mais jusqu'alors les produits prometteurs sur des modèles animaux n'ont pas eu les effets escomptés chez l'homme.
Les autres pistes résident dans la recherche de meilleurs médicaments substitutifs du manque de dopamine qui stabiliseraient le processus dégénératif et de médicaments capables d'agir sur d'autres neurotransmetteurs également impliqués dans les symptômes comme les pertes d'équilibre ou les troubles de l'humeur.

 

Greffes, facteurs de croissance et thérapie génique

Dans les années 80, les chercheurs ont envisagé d'implanter dans la zone du cerveau touchée par la maladie de Parkinson (le striatum) des cellules capables de produire la dopamine qui manque aux malades. "Mais ces greffes ont vite montré leurs limites en termes de bénéfices, d'éthique et de risque biologiques pour les malades" avoue le Pr. Emmanuel Broussolle du CHU de Lyon. La stimulation par des facteurs de croissance de ces cellules n'a pas non plus donné les espoirs escomptés.
L'utilisation de cellules souches a suscité beaucoup d'espoir. Mais à ce jour, les problèmes de rejets (réactions immunologiques), les problèmes éthiques (cellules d'embryon ou cellules souches de l'individu) et les problèmes de maîtrise du développement de ces cellules (qui peuvent se multiplier comme des cellules cancéreuses) rendent cette piste difficile. Tout comme la thérapie génique, qui trouve cependant des applications prometteuses sur des modèles animaux. "Une équipe française de Créteil a récemment réalisé des tests de thérapie génique sur des singes en implantant un vecteur viral dans le striatum, afin d'importer des enzymes productrices de dopamine et des facteurs de croissance. Aux Etats-Unis, une autre étude a été entreprise avec des adénovirus. Son ambition était d'agir sur le noyau sous-thalamique dont on essayait de limiter l'hyperactivité. Ces deux pistes semblent prometteuses" conclut le Pr. Broussolle.

 

La France, leader de la neurostimulation

Commencée par des travaux expérimentaux, la neurostimulation est une très belle réussite française. Selon le Pr. Yves Agid de l'hôpital de la Salpêtrière (Paris), la neurostimulation permet d'enregistrer de très grands succès, à condition :

- que les critères d'inclusion soient les bons. Ce traitement ne peut concerner que des formes dopamine dépendantes pures, sans lésions non-dopaminergiques associées. Cette exigence ne permet d'inclure que moins de 15 % des malades atteints de maladie de Parkinson. Finalement, les indications vraies ne concernent que 5 % des patients.

- de disposer d'une équipe pluridisciplinaire experte dans le domaine car il s'agit d'une opération de haute précision. L'acte chirurgical en soi n'est pas très difficile, mais il faut trouver la cible sans créer d'effets secondaires. En effet, la cible thérapeutique la plus efficace semble être celle du noyau sub-thalamique, petite structure de la taille d'une grosse lentille située à la base du cerveau, dont la stimulation électrique entraîne de manière étonnante la suppression des symptômes parkinsoniens améliorés par le traitement substitutif par la L-Dopa.

 

"En moyenne, cette technique permet d'obtenir plus de 70 % d'amélioration. Mais elle peut produire des effets secondaires, notamment cognitifs et psychiatriques (effets d'hyper-dopaminergie, troubles du sommeil), sans parler des complications chirurgicales (dans 1 ou 2 % des cas), même si cette technique a le grand avantage d'être réversible et adaptable" conclut le Pr. Agid.

On le voit : les pistes de recherche ne manquent pas, mais toutes passent aujourd'hui par une meilleure connaissance du mécanisme même de la maladie, pour demain empêcher la destruction des cellules nerveuses.