LES DOSSIERS NOIRS DU PARKINSON

La double peine de DIDIER JAMBART: Malade de parkinson et addict au jeu, accroc au sexe ou acheteur compulsif !

C'est la double peine. Malade de parkinson et addict au jeu, accroc au sexe ou acheteur compulsif ! Depuis quelques années, les neurologues et les autorités de santé prennent conscience des risques épouvantables de l'un des meilleurs traitements connus pour cette maladie dégénérative très handicapante : les « agonistes dopaminergiques », cette classe thérapeutique dont font partie le Requip et le Sifrol, entre autres médicaments. Une molécule qui reproduit la dopamine, la fameuse hormone dite « du plaisir » et, surtout, régule les fonctions motrices d'ou son intérêt dans la maladie de Parkinson. Mais pour certains malades, le plaisir s'est changé en cauchemar. Comme ce grand-père en fauteuil roulant, transformé en pervers, qui a fait vivre un enfer sexuel à son épouse avant de se livrer à des attouchements sur sa petite-fille de 11 ans. Ou Didier Jambart, un père de famille de 51 ans traité au Requip de 2003 à 2005, qui a dilapidé tout ce qu'il possédait en jouant sur Internet, volé les coordonnées bancaires de collègues et de proches, s'est exhibé en ligne, s'est travesti et fait violer.

 

Il a assigné en justice le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK), qui commercialise le Requip depuis 1997.

Le jugement vient d'être reporté d'une semaine. « C'est un dossier compliqué, reconnaît l'avocat de la victime, Me Antoine Béguin. On peut comprendre ce délai supplémentaire. » Au cœur des débats : le manque criant d'information des patients. Depuis quand connaissait-on ces effets dévastateurs ? Pourquoi les malades n'ont-ils pas été alertés ?

Au département pharmacovigilance de l'Afssaps, l'autorité de surveillance en France, Florence Cardona parle d'un premier cas identifié en février 2004, « qui a donné lieu à une modification des notices ». « Tout le monde sait que les patients lisent les notices sans y prêter attention ! s'insurge Antoine Béguin. C'est au neurologue d'avertir son malade. Et au labo d'alerter spécifiquement sur ce point les médecins. » Il rappelle que plusieurs articles scientifiques et livres faisaient mention du phénomène dès 1998, ainsi qu'une conférence de consensus (réunion de sommités médicales faisant autorité) consacrée à la maladie de Parkinson : « GSK ne pouvait pas l'ignorer ! »

Ce n'est qu'en 2005 que, les cas se multipliant, les autorités de santé réagissent. L'Afssaps demande une évaluation européenne qui prendra quatre ans avant qu'un courrier alerte enfin officiellement, en 2009, neurologues, généralistes, pharmaciens et psychiatres. L'information des patients, elle, est laissée à l'appréciation des professionnels. Alors que l'affaire Didier Jeambart éclate, l'Afssaps annonce la publication d'une brochure exposant ces risques, à destination des patients cette fois, le 9 avril prochain, lors de la Journée internationale de la maladie de Parkinson.

Trop tard ? En exposant sa vie brisée devant la justice, Didier Jambart a ouvert la boîte de Pandore. Une centaine de patients se sont fait connaître. D'autres plaintes sont en préparation. A Marseille plus de dix dossiers viennent d'arriver sur le bureau de Me Gioia. Une quinzaine d'autres s'empilent chez Me Béguin. L'association France Parkinson fait état de nombreux appels. Des centaines de personnes, en France, ces jours-ci, réalisent qu'ils ne sont ni fou ni pervers. Juste victime d'un médicament.

Par Marie Marvier  ( France Soir )


DES CENTAINES DE MALADES SE PLAIGNENT DE PROBLEMES D'ADDICTIONS

Jeudi 24/11, Denis Jambart et ses deux avocats angevins, Gérard Marot et Antoine Béguin, qui avaient fait le déplacement, ont souligné que depuis l'audience du 1er février, « plusieurs centaines »de personnes s'étaient adressées à eux pour se plaindre d'effets secondaires similaires. 20 minutes rapporte en effet jeudi une histoire similaire.

 

Le mari de Dominique aurait vécu la même descente aux enfers que Didier à partir de février 2009 suite à la prise de Sifrol, médicament de la même famille que le Requip : les agonistes dopaminergiques.

Cet ouvrier de 45 ans a commencé à jouer sur Internet, et à devenir « hypersexuel » aussi. « Il couchait à droite et à gauche, il s'exhibait sur Internet devant des femmes... J'ai même acquis la conviction qu'il se prostituait », a raconté son épouse.

Aujourd'hui veuve, elle déplore la mort de son mari lorsqu'il a percuté un arbre au volant de sa voiture en septembre 2009 alors qu'il venait d'arrêter son traitement. « Il était pire qu'un alcoolique sans sa bouteille, ajoute-t-elle. Je tiens le neurologue pour responsable de sa mort : jamais il ne nous a prévenus des effets secondaires du Sifrol ».

 

Un retraité de 70 ans s'en prend à sa petite-fille
France-Soir révélait encore mercredi le cas d'un retraité de 70 ans qui, sous Sifrol également pour atténuer sa maladie de Parkinson, serait même allé jusqu'à pratiquer des attouchements sexuels sur sa petite fille à Noël 2010. Outre ses médecins, le grand-père, Richard Pareau, devenu « hypersexuel » a donc assigné auprès du tribunal de grande instance (TGI) du Mans, les laboratoires Boehringer Ingelheim France et Novartis Pharma SAS.
« Parfois, c'est bien pire  »

« Parfois, c'est bien pire que le cas de M. Jambart, il y a des gens qui sont en prison pour des agressions sexuelles, des suicides.

 

On a ouvert la boîte de Pandore », a ajouté Me Béguin qui dit avoir une quinzaine de dossiers de ce type dans son cabinet. « Il y a beaucoup de cas qui ne sont pas portés en justice, car ce n'est pas gratuit et certains sont ruinés, et puis les enfants ne veulent pas que les choses se sachent », a encore expliqué la victime, M. Jambart.

 

Il dit se battre pour aider les personnes qui le contactent : « La semaine dernière nous avons fait intervenir un professeur du CHU de Nantes pour qu'il fasse pression sur un neurologue libéral de Bordeaux, afin que ce dernier accepte enfin d'arrêter la prescription de Requip d'un homme qui était victime d'hypersexualité », a-t-il ainsi relaté. Lui-même avait dû attendre une hospitalisation au CHU de Nantes avant que le chef de service neurologie ne stoppe son traitement sous Requip.


Isoméride : Servier aurait menti aux autorités américaines

Selon une information du journal Le Figaro, le laboratoire aurait dissimulé certains effets secondaires de l’Isoméride dans le but d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché de ce coupe-faim outre-Atlantique. Une accusation que dément "catégoriquement et fermement"Servier.


Les laboratoires Servier ont voulu introduire leur coupe-faim vedette sur le marché du médicament américain, au début des années 1990. L’Isoméride était déjà commercialisé en France depuis cinq ans, rappelleLe Figaro. Et pour parvenir à ses fins, Servier était, semble-t-il, prêt à tout. En effet, le quotidien nous apprend que le laboratoire a cherché à minimiser l’importance de plusieurs effets indésirables signalés par des patients belges en 1994, "qui ont consommé cet anorexigène ou son frère aîné, le Ponderal" et ont développé "des atteintes cardiaques, les valvulopathies", écrit le quotidien. Pas moins de 22 cas avaient été notifiés à l’époque et les autorités sanitaires belges étaient au courant.

Ces informations auraient sciemment été minimisées par Servier auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’équivalent de notre Agence du médicament, afin de pouvoir commercialiser le coupe-faim outre-Atlantique. Le Figaro indique que sur les fiches transmises à la FDA, les pathologies cardiaques ont été qualifiées de "non serious" (non graves). Sans cette mention, le médicament n'aurait probablement jamais été mis en vente aux Etats-Unis.

Par ailleurs, le coupe-faim du laboratoire était déjà soupçonné de provoquer une autre maladie grave, l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), qui peut dans certains cas nécessiter une greffe des poumons. En raison de ces risques, graves, la FDA a alors refusé la commercialisation de l’Isoméride en février 1995 aux Etats-Unis, mais Servier retente le coup jusqu’à ce que la FDA autorise la commercialisation de son médicament en novembre de la même année, par six voix contre cinq.

L'Isoméride commercialisé seulement 2 ans aux USA

Outre-Atlantique le coupe-faim est alors rebaptisé le Redux, et provoque également des valvulopathies dans le Minnesota. Il n’aura finalement été commercialisé que deux ans chez les Américains après avoir été retiré du marché pour cette raison par la FDA. Puis Servier finit par retirer le médicament dans plus de 80 pays dont la France. Le Figaro précise qu’entre 1985 et 1997 ce sont toutefois plus de 7 millions de Français qui ont consommé le coupe-faim controversé.

Le laboratoire Servier, déjà en mauvaise posture depuis que le scandale du Mediator a éclaté, a diffusé un communiqué ce mercredi, en réponse à ces accusations de mensonge, dans lequel il affirme démentir "catégoriquement et fermement" avoir menti aux autorités sanitaires américaines "ou autres", rapporte l’AFP. Servier assure qu’en Belgique, c'est "l'utilisation de cocktails amaigrissants et d'herbes chinoises [qui] a augmenté le nombre de cas de valvulopathiechez les patients".